L'initiation

Publié dans les catégories Auto-Leadership, Éveil masculin, Lifestyle, Masculinité, Men's work, Self-Leadership 5 févr. 2026

La plupart des hommes sont inconsciemment dirigés par un seul centre.

Certains sont guidés par la tête.
Ils vivent dans l’analyse, la stratégie, la maîtrise de soi et la souveraineté mentale.
Ils réussissent dans le monde.
Ils comprennent les systèmes.
Ils peuvent (s’)expliquer sans fin.
Ils savent articuler leurs émotions sans jamais vraiment les ressentir.
Et leur corps est souvent tenu à l’écart.
Le sexe devient performatif, mécanique, ou disparaît complètement.
L’émotion est contenue, contrôlée ou intellectualisée.
Le désir est géré plutôt que respecté.
Ils s’identifient au fait d’avoir raison.

Certains sont guidés par le cœur.
Ils sont généreux.
Empathiques.
Dévoués.
Souvent de beaux hommes.
Ils donnent trop.
S’adaptent trop.
Ils idéalisent les femmes tout en se soumettant eux-mêmes.
Se perdent dans le soin apporté aux autres et le travail émotionnel.
Ils confondent l’amour avec l’effacement de soi.
Ils restent enfermés dans des dynamiques de sauvetage (syndrôme du sauveur).
Ils sacrifient la réciprocité au nom de la bonté.
Ils s’identifient au fait de se sentir et d’être nécessaires.

Certains sont guidés par le sexe.
Le sexe devient conquête et synonyme de victoire.
Une preuve.
Une fuite.
Une chasse à l’expérience toujours plus haut plus fort.
Ils utilisent le plaisir pour s’anesthésier.
Ils évitent la profondeur.
Ils résistent à l’engagement.
Ils confondent le désir avec le sentiment d’être vivant.
Les femmes deviennent des objets, des réceptacles, sans visage, ou désirables uniquement dans la mesure où la conquête les fait se sentir masculins.
Ils s’identifient au fait d’être désirés.

Chacun de ces hommes possède du pouvoir.
Aucun n’est libre.
Parce qu’aucun n’est cohérent et complet.

La tête sans le cœur devient stérile.
Le cœur sans le sexe devient anémique.
Le sexe sans le cœur devient destructeur.
Et une spiritualité type New Age qui survole des trois devient au mieux cosmétique et se dissout rapidement sous la pression de la vie.

Un homme atteint la maturité lorsqu’il réalise ceci :
Il ne s’agit pas de choisir à partir de quel centre diriger sa vie.
Il s’agit d’apprendre à écouter les trois.

La tête.
Le cœur.
Le sexe.

En conversation.
En relation.
En conflit.
Dans le désir.
Dans le silence.
Dans l’immobilité.

Le chemin descends.
Hors de l’intellectualisation.
Hors de l’identité.
Hors de la performance.
Vers la poitrine.
Vers le feu du ventre.
Vers le bassin.
Vers tous les endroits qui ont été exilés lorsqu’il a appris qu'être un homme bien signifiait abandonner son animalité.

Ancrer une puissance instinctive guidée par le cœur ne rend pas un homme imprudent.
Cela le rend habité, intuitif.
Sa gentillesse acquiert des crocs.
Ses limites gagnent en intelligence.
Son désir gagne en chaleur.
Sa présence fait réellement bouger les choses.

Il n’essaie plus d’être bon.
Il n’essaie plus d’être en sécurité (intérieurement ou en apparence).
Il n’essaie plus d’impressionner.

Il devient réel.
Il devient présent aussi bien à son monde intérieur (aligné) qu'au monde extérieur (disponible, au service de).

C’est cela, l’initiation.
Une réelle incarnation.
Pas la transcendance.
L’inclusion et la cohérence de ses trois centres.
Et non pas devenir quelqu’un d’autre.
Devenir entier.
Être soi.