La blessure du père : ce que tu as appris enfant et que tu vis encore aujourd'hui

Publié dans les catégories Masculinité, Men's work par Christophe Vidal


La blessure du père : ce que tu as appris enfant et que tu vis encore aujourd'hui

Mon père était là. On n'avait pas une mauvaise relation. Il faisait de son mieux. D'autres ont eu bien pire.

C'est la première chose que me disent la plupart des hommes quand on aborde le sujet. Et c'est souvent vrai. Leur père n'était ni violent ni physiquement absent.

Mais un père peut être présent physiquement et absent émotionnellement. Aimant certains jours et froid les autres. Plein de bonnes intentions, et blessant quand même. Ton système nerveux ne juge pas les intentions. Il enregistre et imprime dans ton corps ce qu'il a vécu, et il en tire des conclusions et surtout des règles de survie.

Ces règles, tu les appliques encore aujourd'hui sans le savoir.

Ce qu'un père est censé t'apporter

La mère est le premier monde de l'enfant. Le père est le premier contact avec l'extérieur. C'est à travers son regard que le garçon cherche la réponse à trois questions : qui suis-je, est-ce que je suis capable, est-ce que j'ai ma place parmi les hommes. Ces questions et les réponses que trouve l'enfant sont déterminantes.

Quand le père est présent et engagé, ces questions trouvent une réponse. Le garçon grandit avec un sentiment stable d'être assez, qu'il gagne ou qu'il perde, qu'il réussisse ou qu'il échoue.

Quand il ne l'est pas, une question reste ouverte : est-ce que je suis assez ? Et elle suit l'homme pendant des décennies.

Le tableau

Tableau : la blessure du père ou de la figure paternelle, ce que tu as appris étant jeune, comment cela se manifeste aujourd'hui

Ce tableau se lit de gauche à droite. À gauche, le comportement général de ton père. Au centre, la règle que tu en as tirée étant enfant. À droite, ce que cette règle produit dans ta vie d'homme.

Le plus important est dans la colonne du milieu. Ces phrases entre guillemets, tu ne les as jamais prononcées. Personne ne te les a dites. Tu les as déduites, à huit ans ou plus, pour comprendre ton monde, y survivre, et surtout pour te sentir aimé. À cet âge, ces réponses étaient utiles et intelligentes.

Prends le père critique. Un garçon à qui l'on demande « et les deux points qui manquent ? » devant son 18 sur 20 conclut vite qu'il ne vaut que ce qu'il réussit. Trente ans plus tard, cet homme travaille le soir, repousse ce qu'il n'est pas sûr de réussir parfaitement, et vit chaque remarque de sa compagne comme un verdict, une critique.

Ou le père imprévisible. Le garçon devient extrêmement observateur pour survivre. Il apprend à lire la pièce avant d'y entrer, à guetter l'humeur de l'adulte pour éviter la tempête. Adulte, il demande sans cesse « on est bien ? », et une colère ancienne explose parfois pour un détail.

La plupart des hommes se reconnaissent dans une ou deux lignes. Parfois plus. Et ces blessures valent aussi pour l'homme qui a tenu le rôle de père : beau-père, grand-père, oncle.

Par où commencer

La première étape est simple à énoncer et difficile à faire : **nomme-le.**

« Il faisait de son mieux » et « ça n'était pas si grave » sont des mécanismes internes de protection. Ils t'évitent de regarder ce qui s'est passé. Il peut être vrai à la fois que ton père a fait de son mieux et qu'il t'a blessé. Ces deux réalités tiennent ensemble. Ce n'est pas noir ou blanc, c'est les deux en même temps. Lorsque tu es capable de voir cette vérité et de l'intégrer en toi, alors les choses vont vraiment commencer à changer pour toi.

Ce soir, prends une feuille et écris trois choses :

1. La ligne du tableau que tu reconnais le plus.

2. Une scène récente où cette règle a décidé à ta place.

3. La fin de cette phrase : « Ce que j'avais besoin de recevoir de mon père, c'est... »

Ta réponse à la troisième question est précieuse. Elle te montre ce qu'il te reste à développer toi-même. Tu ne peux pas changer ton père. Tu peux devenir l'homme dont tu avais besoin.

L'une des choses les plus puissantes que j'ai apprises et travaillées avec mes coachs et mentors pour hommes est la suivante : Ce dont tu as besoin des autres, tu dois le créer toi-même.

---

Pour aller plus loin : la blessure du père est l'un des aspects que nous abordons ensemble dans l'accompagnement Un Homme Debout. Entre autres, nous abordons ton rapport au féminin, les six archétypes masculins majeurs en détail, ton identité, la vision pour toi.

[Découvrir l'accompagnement](https://christophevidal.co/coaching)

Si ce tableau t'a parlé, envoie-le à un homme qui en a besoin. Mettre un nom sur ce qu'on porte, c'est déjà commencer à le poser et à le déposer.